Arrêt des forages Shell en Guyane

Le changement de gouvernement en France vient de mettre un coup d’arrêt momentané aux nouveaux forages de la société Shell en Guyane. Le code minier français qui régit ces opérations date de 1810 et la nouvelle ministre de l’écologie considère sa réforme comme une priorité. Affaire à suivre.

Réforme du code minier

Nicole Bricq, nouvelle ministre de l’écologie, souhaite s’accorder le temps, pendant l’été, de refondre ce code minier trop ancien, qui ne tient par réellement compte de l’information et de la consultation des territoires directement concernés par les forages, ni des problèmes environnementaux qu’ils peuvent entraîner.

La ministre a déjà eu l’occasion de s’intéresser à ces problèmes pendant les débats parlementaires sur la fracturation hydraulique utilisée pour l’exploitation des gaz de schiste, qui ont abouti à l’interdiction d’utiliser ce procédé.
Le ministère de l’écologie veut donc prendre « le temps d’un travail en profondeur et général sur la manière dont sont instruites et validées les demandes de permis d’hydrocarbures ».

Des autorisations retardées

Le groupe Shell attendait deux arrêtés préfectoraux complémentaires, délivrés par les autorités locales, les dernières autorisations manquantes avant de pouvoir lancer quatre forages exploratoires, à 150 km des côtes de Guyane.
Les forages devaient débuter fin juin, mais le nouveau gouvernement a mis un point d’arrêt à ces projets en décidant de vérifier la façon dont sont accordées ces autorisations de forage.

Cette annonce a fait l’effet d’un coup de théâtre pour le Groupe Shell qui affirme que le dossier était quasiment bouclé et qui précise « nous avons informé et consulté la population bien au-delà du cadre législatif actuel. »

Patrick Roméo, président de Shell France, rappelle également les avantages que présentent ces forages qui peuvent être estimés à 300 millions de barils, réduisant d’autant les importations de pétrole pour la France.

D’autre part, il considère que cette opération serait particulièrement avantageuse pour la Guyane, en raison du nombre d’emploi créés dans un département français où le chômage est particulièrement élevé.

Enfin, ce retard risque d’entraîner des coûts importants pour le consortium, composé de Shell, Hardman Petroleum et Total, qui a affrété le Stena-Icemax, navire plate-forme ultra moderne, une flotte de bateaux d’escorte et des centaines d’employés, pour un coût d’environ un million de dollars par jour, selon les experts.

Des zones d’ombre à éclaircir

Dans ce dossier, il ne s’agit pas seulement de problèmes administratifs, mais aussi de problèmes écologiques puisque les forages devraient être effectués avec la technique « des boues à l’huile ».

Cette technique est très polluante et l’on risque donc d’assister à la destruction de la biodiversité, touchant aussi bien les tortues et les cétacés que la mangrove et les oiseaux marins.

Par ailleurs, un autre problème pourrait peser dans la balance, celui de la dépollution du site de la raffinerie de Petit-Couronne, en Seine-Maritime, vendu par Shell à Pétroplus et arrêté au début de l’année en raison de la faillite de la maison-mère.

La pollution étant due à l’ancien propriétaire, on se demande qui doit payer la facture qui pourrait se monter à 300 millions d’euros ?